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lundi 2 octobre 2017

#SororaIkaye, la campagne qui a permis aux enfants de retourner à l’école


Au Burundi, la rentrée scolaire est une période pendant laquelle les parents sont dans l’angoisse d’envoyer leurs enfants à l’école. Certains parents arrivent à surmonter les dépenses qui consistent à se procurer du matériel scolaire, à savoir les cahiers, les uniformes et le minerval, d’autres n’y arrivent pas bien qu’ils aient la volonté d’envoyer leurs enfants à l’école. Il est déplorable et regrettable  de voir que certaines familles, en dépit de  leur volonté d’envoyer leurs enfants à l’école, voient leur vœux s’estomper à cause du manque de moyens.

Pour pallier à ce problème, l’association  YBSP a eu l’idée de lancer une campagne  baptisée #SororaIkaye en vue d’essayer de venir en aide à ces familles qui ont la volonté d’envoyer leurs enfants à l’école mais dont la volonté bute  l’obstacle de manque de moyens financiers. Comme le disait feu Nelson Mandela : ``L’éducation est l’arme la plus puissante pour changer le monde`` ;  pour que ces enfants   puissent amender les conditions précaires dans lesquelles ils se trouvent, il faut qu’ils puissent fouler le sol des salles de classe, et ça c’était l’ultime objectif de la campagne.
                     
                                        Pourquoi  l’appellation #SororaIkaye ?

En langue nationale  le verbe ‘’Gusorora’’ veut dire offrir quelque chose à boire à un ami. En effet, dans la société burundaise, c’est une pratique répandue et très banale qui est déjà encrée dans les habitudes de bons nombres de gens. Aussi, c’est un acte qui peut définir le caractère de quelqu’un, une personne qui offre à boire aux autres est perçue comme généreuse, gentille et sociable. On lui accole une multitude de compliments. A l’inverse, une personne qui ne le fait pas peut être traitée d’insociable, d’Harpagon bref ne pas ’’gusorora’’ engendre le mépris de ces compatriotes quitte à devenir un paria.

Quand on achète une bouteille de limonade ou de bière, on utilise de l’argent. Et si on essaie de convertir cet argent, une bouteille de  limonade ou de bière peut acheter un cahier, deux cahiers voire même trois. Les gens partagent de la bière et de la limonade presque tous les jours, et si ces mêmes gens se disaient un jour voilà on va troquer la limonade et la bière contre un cahier pour aider ce gamin qui n’a pas les moyens de s’en procurer ? Voilà la logique qui a permis d’accoucher l’appellation #SororaIkaye.

                                          Le déroulement…



La campagne #SororaIkaye s’est faite sur les réseaux sociaux, qui, de nos jours sont des outils incontournables pour la conscientisation des gens. Pour ce fait, des flyers portant le hashtag  ``sorora`` ont  inondé  les profils de tous nos membres et les amis qui soutiennent  notre cause. Une vidéo a été aussi faite et a été visionnée par des milliers de gens. En  parallèle à ces opérations virtuelles, une  autre équipe  faisait les fiches d’identification pour les enfants à venir en aide. Sur ce point, une chose importante est à savoir. Les enfants qui ne peuvent pas aller à l’école à cause du manque des moyens financières pullulent. Etant une organisation avec de moyens limités, on s’était fixé  un nombre de 70 enfants à venir en aide. Durant deux semaines, les membres du YBSP sont  allés dans des coins reculés de la capitale, se levant de bonne heure et bravant la faim, la soif et le soleil de plomb, pour identifier les plus défavorisés et établir une communication avec ces familles.

                                            L’effort finit par payer



Au fur et à mesure que les jours avançaient, des gens répondaient  positivement à notre appel et nous envoyaient des cahiers, des stylos  et des uniformes. Les gens ont si bien accueilli notre initiative que leurs dons nous ont permis de revoir à la hausse l’effectif  des enfants à aider. En effet, nous sommes passés de 70  à 160 enfants à venir en aide en une espace de deux semaines. En tous, on a récolté 1400 cahiers, 120 stylos, 200 crayons, 150 tailles crayons et 70 paires d’uniformes. Ce kit scolaire a été distribué la veille de la rentrée scolaire après l’une des activités  phares de  YBSP le ’’Sunday Meal’’. Parmi les bénéficiaires, nous soulignerons qu’il y avait des enfants de la rue qui avaient renoncé à l’école et qui nous ont promis de se consacrer désormais  pleinement à leurs études.

                                      Un sentiment de satisfaction

Cette campagne a été une occasion de prouver encore une fois que  l’amour  et la volonté de faire peuvent déboucher sur des résultats qui peuvent changer le cours des vies des enfants défavorisés. La campagne a été un plein succès car on a même pu distribuer des cahiers en dehors de la mairie de Bujumbura dans la commune Kabezi. Une pensée spéciale à chacune des personnes qui se sont investies pour que cette campagne réussisse. YBSP vous en sera éternellement reconnaissant et espère que vous serez toujours, dans ce grand voyage vers une destination où on trouvera tous les enfants à l’école ; des compagnons  dévoués  et passionnés  dans cette possible et noble mission.

Arnaud I. GIRITEKA